CROTTINS  15 02 2012
Il a dit qu'on lui a dit de source sûre …

On n'en sait rien en fait, mais on colporte la rumeur. Elle se déforme et paradoxalement se conforte en même temps et tout un chacun la prend pour du bon pain et y croit dur comme fer.

Elle bouge et dérive rapidement. On y ajoute un nom qui fait bien ce qui la rend plus vraie que vraie et la voilà qui repart avec une vigueur accrue pour un nouveau tour de piste.

Jusque là, rien de que très humain, rien que de très banal.

Là où la chose devient gênante, c'est lorsque la rumeur se superpose au réel au point de le supplanter.

"Si la construction de la tour s'est arrêtée, c'est parce qu'elle penche, je le sais de première main" vous dira confidentiellement le 3500 ème colporteur de "l'info". Lorsque cette rumeur aura fait le tour du tour, il y a fort à parier que la tour sera déjà à deux doigts d'être détruite … Et pourtant, elle est toujours là. Mais qu'attendent-ils donc ? C'est un vrai scandale! Elle représente un danger certain! Vite, rédigeons une pétition. .. Et ainsi la fiction prend le mors aux dents relayée par la croyance.

La rumeur est un bruit qui se répand sans origine connue, sans véracité confirmée. Alimentée par la méconnaissance et le suivisme de principe, la rumeur se fait vite vérité aux yeux des moins armés.

La tendance trop répandue qui consiste à suivre et croire sans esprit critique, sans recherche personnelle directe afin de se faire une opinion par soi-même plutôt que d'adopter, les yeux scellés par une confiance sans fondement, celle du dernier qui a parlé, est une faille personnelle qu'il faut s'efforcer de combler.

C'est d'ailleurs sur ce ressort trop souvent cassé, ou même manquant, que sont sciemment construits bien des discours politiques. C'est principalement vrai en période de rut - je veux dire d'élections - où le mensonge et le n'importe quoi deviennent trop souvent loi que tous plus ou moins suivent, car la place est trop bonne à prendre ou bien à garder.

Emile de Girardin (homme politique et journaliste 1801 – 1881) est à l'origine de la célèbre formule "gouverner, c'est prévoir".

Ne faudrait-il pas plutôt écrire, en ces temps de mutations, "gouverner, c'est faire croire"? On en a tous les jours la redoutable illustration.

Attention, élections en vue, rumeurs, promesses, contradictions et fadaises certaines à venir et à méditer à cheval de préférence pour ne pas s'y laisser prendre.

Une bonne démarche à suivre prise au hasard: 
Avant de colporter les mails absurdes qui réclament de toute urgence du sang pour Noémie ou vous donnent la clef pour vous partager la fortune de Bill Gates, allez d'abord faire un tour sur
http://www.hoaxbuster.com.Vous en sortirez édifiés, si vous ne le connaissiez pas déjà.


CROTTINS  31 12 2011
Année Nouvelle / An Neuf

Aïe, c'est reparti! On va de nouveau jouer à se faire croire que tout peut être bien mieux l'année qui va naître que cela ne fût en 2011.

On exprimera par là un désir de changement, une fois de plus, mais on sait bien au fond qu'il n'y a aucune raison pour que cela bouge et que le réel se transmute en paradis par la vertu du compteur grégorien, car nous ne sommes pas vraiment prêts à changer nous-mêmes ou à nous donner les moyens du changement qu'on désire autant qu'on le redoute.

Pour être en état de souhaiter un monde meilleur, il faudrait, à la manière des Romains de l'antiquité, d'abord faire place nette et se libérer des vieux instruments qui nous encombrent.

Si nous voulons un monde plus humain, débarrassons-nous, par exemple, des murs construits entre les hommes et de ceux qui les pensent et les ordonnent pour de criminelles raisons alors que dans le même temps ils s'efforcent de rendre la circulation des capitaux et des biens le plus libre possible.

Débarrassons-nous des responsables compromis, menteurs, voleurs, fornicateurs, trafiquants de peurs artificielles et de violences fantasmées à leur propre profit, incompétents de surcroît qui nous gouvernent de plus en plus dans une Europe qui se refuse à elle-même sous leur propre pression.

Comment croire à une année meilleure tant qu'il restera des Pinocchios en lieu et place des hommes responsables et honnêtes dont nous avons le plus urgent besoin?

Alors, allons-y, essayons en 2012 de rédiger des phrases où les mots trop galvaudés que nous ne savons plus écrire sans fôttes d'ortaugrafe que sont "liberté", "égalité" et "fraternité" retrouveraient leur sens vrai, celui-là même qui s'éloigne de jour en jour sous la houlette de notre indifférence et des efforts conjugués des multiples vers et escrocs dont la République est aujourd'hui truffée.

Fermons les yeux un instant, et souhaitons-nous les uns les autres une excellente année ... 2013, 14, 15, 16 … et croyons-y dur comme fer (faire?).


CROTTINS  15 12 2011
Accidere*

Mi 1967, lors du Tour de France, Tom Simpson, champion cycliste, s'effondre dans la montée du col du Mont Ventoux et meurt. L'épreuve continue.

Fin 2011 Hickstead vacille puis s'écroule durant le CSI de Vérone (ITA), victime d'une fatale rupture d'anévrisme. L'épreuve est arrêtée et annulée d'un "commun accord".

Que s'est-il passé pour que la mort d'un cheval en compétition ait aujourd'hui plus d'impact sur le ressenti collectif que celle d'un homme dans des conditions similaires 44 ans plus tôt seulement?

Que nous est-il arrivé pour que des milliers de victimes humaines puissent provoquer moins de réactions que la mort du petit cheval en direct?

L'incontournable "the show must go on", qui est une affirmation têtue et réaliste de la continuité de la vie quoiqu'il arrive, aurait-il cédé la place à une sensiblerie de midinette?

Ou bien est-ce qu'il faut aujourd'hui paraître affecté plus même que son voisin ne l'est dans une sorte de surenchère baignée de mélodrame politiquement correct et de bêtise mondaine? Ne pas se montrer insensible? Faire savoir publiquement qu'on compatit? Agir comme le groupe avec un brin de surenchère pour avoir le sentiment aigu d'en faire pleinement partie?

Pourquoi éprouver le besoin de prendre des mesures extrêmes pour "honorer" la mémoire d'un cheval là où, il y a peu, on se contentait de ponctuer le continuum de la vie d'un signe court pour marquer l'accident, le désastre, mais sans pour autant tout renier sous le coup de l'émotion?

Sommes-nous devenus plus humains ou moins résistants?

Alors même qu'on ne s'offusque pas vraiment de voir de "jolies" guerres et de "superbes" massacres en gros plan depuis le confort de son salon via la télévision - qui s'en repait et s'en défend tout en même temps - voilà qu'on devrait tout arrêter parce qu'un cheval meurt en compétition de saut d'obstacle. Quel sens donner à cette étrangeté, à ce comportement bizarre?

N'est-ce pas dire qu'on peut tout voir et tout accepter quand l'alchimie du media écran transmute le réel et que le réel "réel" nous en devient d'autant plus insupportable? Serions-nous à ce point déconnectés et affaiblis qu'on ne puisse plus voir le réel "réel" sans tressaillir, sur-réagir et tout arrêter sous l'empire de l'émotion, lorsqu'il n'est pas filtré par un intermédiaire édulcorant?

L'arrêt du CSI de Vérone, suite à la mort d'Hickstead en direct, quelque fussent ses qualités, quoique dramatique que cela puisse être, n'est pas sans devoir nous poser quelques questions fondamentales quand à notre attitude collective face à la vie telle qu'elle est et la mort qui lui est consubstantielle.

Irait-on jusqu'à dire que nous sommes plus humains qu'avant? Ou seulement moins résistants?

Sommes-nous, en nos contrées, charitablement plus tendres ou faiblement plus mous?

*Accidere: verbe latin dont le participe présent "accidens" a donné le mot "accident" en français.


CROTTINS  23 10 2011
Vous aimez les chevaux? Mangez-les!

Le raisonnement de l'avis du Conseil Économique Social et Environnemental (rien de moins) concernant les enjeux et les perspectives de la filière équine en France est simple: devant le désengagement de l'état et celui des consommateurs de viande de cheval, le moyen de sauver le "patrimoine génétique unique" des chevaux de trait de France, est de manger plus de cheval pour motiver les éleveurs.

C'est un raisonnement purement économique comme ceux dont on nous abreuve scandaleusement ces temps-ci à coup de dettes souveraines, de recapitalisation des banques, de plans d'austérité délétères et d'actions en faillite tout en oubliant de dire les crimes des banquiers spéculateurs et les incompétences notoires des politiques "éclairés" qui ont amené à la situation actuelle que d'aucuns tartuffes déplorent avec ampleur tout en cherchant des fonds nouveaux, tant que possible dans la poche du contribuable, au nom de "justifications" embrouillées et de désaccords de surface.

Le rapport adopté en tant qu'avis le 9 juin 2010 par le conseil en séance ce même jour rappelle que 80% des chevaux de trait sont abattus avant l’âge de 2 ans et que ce pourcentage s’élève à près de 75% pour les chevaux de trot.

On nous rappelle aussi qu'un poulain sur quatre appartient à une race de trait en France et que dans 95% des cas il est élevé pour la boucherie, tandis que par ailleurs, une proposition de loi (restée sans suite) a été déposée à la présidence de l'assemblée nationale (24 janvier 2010 sous le numéro 2361) pour tenter de faire passer le cheval du statut d'animal de rente à celui d'animal de compagnie, ce qui aurait été catastrophique pour la filière hippophagique.

On y rappelle qu'heureusement le marché italien est là pour stimuler l'exportation, mais que malgré tout la filière hippophagique souffre d'un déficit annuel de près de 70 millions d'euros.

Les neuf races de trait (Percherons, Boulonnais, Postiers Bretons, Traits Comtois, Ardennais, Traits du Nord, Cobs Normands, Poitevins Mulassiers et Traits Auxois) sont donc menacées car la filière hippophagique est en baisse et que cela s'additionne avec la disparition du rôle conservateur de feu les haras nationaux.

Ce que ce rapport a de choquant, c'est, en matière de filière hippophagique particulièrement, sa servilité intellectuelle au tout économique comptable et à la stupide et rituelle référence de "la place de la France" (à prononcer la bouche pleine) dans la filière hippophagique mondiale d'où toute notion de suggestion politique autre, éventuellement novatrice, est par définition évacuée et absente.

Ca vous perturbe? Alors sachez que si vous dîtes à un malien de la région de Mopti ou de Ségou qu'un chien ça ne se mange pas, il se demandera vraiment à quel titre, lui qui en élève pour cela et vous savez très bien de toute façon que les britanniques considèrent les mangeurs d'escargots et de grenouille que sont les français comme des êtres aux mœurs assez barbares et passablement dégoutantes…

Pourtant, nombreux sont les diététiciens qui affirment et répètent à l'encan que notre alimentation est bien trop carnée pour notre santé, mais c'est un détail sans aucun intérêt ni conséquences économiques bien sûr…

Moralité: d'une manière générale mangez moins de quadrupèdes et vous prendrez ainsi probablement de l'avance sur des contraintes environnementales futures apparemment inéluctables.


CROTTINS  23 09 2011
Jeux et cruautés

Toutes les civilisations ont, ou ont eu, leurs jeux où le sang est versé pour le plaisir et l'engouement des spectateurs, au point qu'on peut même se demander si cela est vraiment indissociable de l'âme humaine.

Les Romains nous l'ont appris: jeux et cruauté forment un cocktail à succès.

L'équitation ne saurait échapper à 100% à cette ancestrale tendance et l'importance des enjeux sur certains concours ouvre assurément la porte à au moins deux dérives par rapport à la notion actuelle d'un sport idéal: le dopage et la cruauté.

Si le dopage est chose relativement bien encadrée, bien que chacun sache que c'est une course sans fin entre dopeurs et anti-dopeurs, la cruauté est moins normée et plus difficile à cerner.

Car si le dopage est du domaine du rationnel et de l'indignation réglementaire de base, la cruauté, elle, flirte avec l'émotionnel et dépend pour partie du niveau de filtre culturel ou personnel de celui ou celle qui constate ou rapporte.

Un exemple: la cravache est strictement interdite en endurance par la FEI. L'utiliser est non seulement contraire au règlement mais est assimilé à un acte de cruauté dès que son emploi est "excessif" (art 142 GR). Mais ça commence où l'excès? A la fin du 3ème coup ou au début du 4ème?

Le pari mutuel camerounais encadre la chose de la façon suivante: 12 coups maximum dans la phase finale exclusivement dans l'axe du cheval, sans mouvement arrière ou latéral pour les 3 ans et plus, 8 pour les deux ans. Au-delà, on est dans l'abus. C'est une volonté de remettre la notion de cruauté dans un cadre réglementaire et essayer de la sortir de l'émotionnel pour la gérer sans dérives. Ca marche quand on tourne en rond dans un espace clos sous l'œil d'un jury qui circule en parallèle à la piste, pas en rase campagne avec plus ou moins de solitude comme en endurance.

La FFE, quant à elle, autorise la dite cravache sur certaines épreuves (art. 45).

On voit bien là que le filtre culturel n'est pas le même que celui qu'applique la FEI. La notion de cruauté par abus n'a pas de point de départ identique pour les deux entités FEI et FFE. Se laisser aller à dire qu'un cavalier français est par définition plus raisonnable qu'un cavalier de Papouasie septentrionale ou de Mongolie extérieure et que par conséquent c'est logique et normal ici serait une irrecevable et coupable pirouette qui ne justifierait strictement rien.

Il s'agit simplement là d'une différence de vision montrant bien que le seuil de la notion de cruauté est grandement culturel. Elle n'évolue d'ailleurs pas seulement dans l'espace, mais le fait également dans le temps.

A ses débuts, par exemple, la LFPC* remplaçait sous forme d'échange des chevaux vieux et fatigués en fin de carrière d'attelage de labeur par des chevaux jeunes et vigoureux afin de leur éviter d'inutiles souffrances et, les ayant récupérés pour les sauver, les abattait sans autre forme de procès. Aujourd'hui, certains trouveraient cela cruel et on a fondé des pensions pour vieux chevaux en considérant qu'on leur doit bien cela, chose vue comme absurdement anthropomorphique il y a, ici même, seulement un petit siècle. Autre époque, même lieu, autres mœurs.

Pour revenir à l'endurance, dénoncer de la cruauté sur la piste demande de la rigueur, car en plus d'être éphémère, elle ne laisse que rarement des traces visibles. Le sang versé qui témoignerait à lui seul y est inexistant. Sous le coup de l'émotion et des bons sentiments, la rigueur manque trop souvent. Il s'y ajoute dans la plupart des cas une élémentaire ignorance des règles à suivre ce qui aboutit à la nullité de l'action en dénonciation.

Vous constatez un abus, photographiez-le, ou mieux filmez-le, de manière non équivoque. Ne cosignez surtout jamais la plainte d'un concurrent à qui pourrait profiter l'élimination du fautif présumé à peine de nullité de votre témoignage (ce n'est pas une pétition). Cela n'a rien à voir avec l'honnêteté du concurrent qui porte plainte, c'est une froide question de logique et de droit. Cosigner revient, en effet, à prendre partie et les arguments du genre "je le connais donc il dit la vérité", etc. n'ont rien à faire là-dedans. Faîtes un témoignage indépendant et apportez des preuves indiscutables, le tout selon la forme et les délais requis par le règlement officiel en vigueur sur l'épreuve concernée, c'est ce que vous pouvez faire de mieux.

Et si vous ignorez ces règles, demandez conseil au président du jury, il est aussi là pour cela.

* LFPC = Ligue Française pour la Protection du Cheval fondée par le comte de Grammont en 1909, petit fils du duc de Gramont auteur de la fameuse loi sur la protection animale votée en 1850 et dite "loi Grammont".


CROTTINS  12 09 2011
FLORAC 2011: Chapeau bas

Même quand on est une des plus anciennes épreuves d'endurance et qu'on est LA course mythique de France, oser organiser un Championnat d'Europe Open sur une grande boucle de 160 km en ligne en pleine montagne tient de la folie douce … et ce sont des récidivistes puisque c'est la deuxième fois que ça les prend.

Il n'y a donc pas de doutes à avoir, les organisateurs de Florac sont fous à lier, il n'y a pas d'autre explication possible. Et ils sont encore plus cinglés que les autres puisqu'ils avaient hébergé le tout premier championnat d'Europe et qu'ils ont remis le couvert en 2011, étant les seuls de l'histoire de l'endurance à l'avoir jamais fait.

Et ils ont réussi au-delà de toute expression possible le pari insensé qu'ils avaient fait.

Et comme si un "simple" championnat ne suffisait pas à épuiser leur énergie, c'est toute une semaine dédiée au cheval, à son élevage et à ses vedettes qu'ils ont mis en place.

Lancer 12 équipes nationales, 18 pays, 80 chevaux, 1000 voitures, 3000 spectateurs à 4h30 du matin en pleine Lozère pour une longue journée itinérante, sous un climat heureusement plus favorable que celui qu'on pouvait craindre, demande un gros grain de folie et un culot monstre. Mais tirer les habitants d'Ispagnac de leur lit à 3h00 du matin pour aller voir le départ de la course, est-ce vraiment raisonnable?

Si "Florac", avec sa grande boucle de 160 kms de montagne, est une indéniable prouesse sportive pour les couples en compétition et un challenge permanent pour leurs assistants (80 personnes mobilisées pour la seule équipe de France), c'est aussi une prouesse technique sans égal pour l'organisateur et les chronométreurs.

La FEI initialement dubitative sinon frileuse pour ce genre de compétition linéaire, difficile d'accès avec un dénivelé de quelque 3500 m positifs pour les chevaux, a toutes les raisons de se réjouir aujourd'hui du résultat obtenu.

Et Florac 2011 marquera assurément l'histoire de l'endurance d'une pierre blanche éminemment méritée.

La rumeur dit cependant que ce Championnat fut le baroud d'honneur d'un "Florac" qui ne devrait plus connaître d'éditions ultérieures…

Que Florac en ligne continue ou s'arrête, il est certain que l'édition 2011 apporte de nombreux démentis à beaucoup d'idées reçues et parmi elles la plus spectaculaire peut-être:

Un cheval double vainqueur de la President Cup d'Abu Dhabi, "recordhorse" de vitesse sur les circuits plats du désert peut donc aussi être le meilleur avec 3500m de dénivelé rocailleux sous les pieds.

Chapeau bas à tous les fous furieux qui l'organisèrent et à leurs semblables qui y vinrent.


CROTTINS  13 08 2011
CEI: Il faudrait diversifier l'alimentation

A voir la composition de beaucoup de jurys internationaux des CEI de France ou d'Espagne, on pourrait légitimement penser que le "cheptel" FEI se limite à quelques rares têtes que, forcément, on retrouvera tout le temps, par phénomène de pénurie.

Ce serait une erreur de le penser.

Soit, pour la France et les seuls pays limitrophes avec continuité territoriale, un total de 98 juges FEI disponibles dont 37 de quatre étoiles et 26 de trois étoiles. Une bonne partie d'entre eux parle français et la quasi-totalité l'anglais.

On ne le dirait pas quand on regarde le "personnel" des concours FEI de France ou d'Espagne par exemple.

Lobbying, copinage, habitudes font qu'au final on se prive de la richesse qu'induit de fait la diversité.

Les "nouveaux" resteront éternellement "nouveaux" s'ils ne peuvent être actifs et il faut de plus toujours regarder au-delà de son paddock natal.

Pour l'avenir et la qualité de la discipline, il devrait ainsi être du devoir de chacun:

      •   de veiller à créer une rotation des juges

      •   de procéder à un recrutement beaucoup plus large.

La FFE ne peut y veiller tant que le recrutement sera réglementairement du ressort exclusif des Comités Organisateurs soumis à la seule contrainte de vérification des qualifications avec validation par la FEI.

Dans un monde idéal, ou qu'on voudrait améliorer, il serait donc souhaitable:

      •   que les organisateurs fassent leur choix en considérant toujours l'ensemble du "cheptel" disponible parce que c'est en soi une opportunité et une richesse, et, par voie de conséquences, que l'ADOCEE, qui les représente et regroupe théoriquement, intervienne et participe activement à impulser une régulation en ce domaine par politique délibérée;

      •   que les cavaliers participent à mettre en place une ouverture qui leur serait de toutes façons bénéfique et donc fassent en sorte que l'association qui théoriquement les représente puisse clairement dire son mot dans un domaine qui la concerne de fait sinon de droit;

      •   que tous ensemble, nous veillions non seulement à la rotation des juges, mais aussi à ce que le recrutement cesse d'être aussi nationalo-national qu'il l'est dans la majorité des cas (il n'est pas prouvé, en effet, qu'il soit plus onéreux de faire venir un juge d'Allemagne dans le centre de la France qu'un français du nord dans le sud, par exemple).

Peut-on, en effet, vraiment être "International" si on est seulement juge International dans son pays natal en dehors de toute autre expérience? S'ouvrir à l'International est une nécessité enrichissant la pratique autant que l'humain, encore faut-il le vouloir et en avoir l'opportunité.

Pour faciliter les opportunités, on pourrait imaginer la mise en place d'une sorte de bourse d'échanges européenne des juges Internationaux FEI pour faciliter le recrutement International de juges Internationaux, favoriser un brassage plus ample, enrichir l'expérience de chacun en confrontant les pratiques et faire en sorte que la notion "d'International" ne reste un label seulement théorique dans trop de cas.

Partant du principe qu'il faut toujours secouer les habitudes qui ne sont issues d'aucune pensée vraiment consciente ou volonté réellement délibérée, il faut se demander si ce qu'on fait aujourd'hui est voulu, indispensable, nécessaire, souhaitable, bénéfique, raisonnable, justifiable, justifié ou pas et se dire qu'aucun statu quo ne saurait avoir valeur de projet.

En gros, il faut s'efforcer de mettre le plus possible la vision collective en première ligne, faire jouer les associations, qui, par essence, en sont garantes, et avoir en perspective l'évolution de la discipline en pensant notamment à l'indispensable renouvellement/formation des juges et à un brassage européen plus efficace traversant les frontières mentales et politiques.

"Tais-toi, bordel! Pourquoi tout vouloir déranger? Ca va bien comme ça. Y en a qui se plaignent?" dira dans un premier temps notre constitutive paresse d'humains ordinaires cherchant prétexte au confort du "rien changer", mais dans un deuxième, ne serait-il pas temps de secouer la poussière que toujours l'usage installe et qui s'accumule malgré nous?

Ca vous paraît souhaitable? Alors, ne le chuchotez pas et dîtes-le à haute voix, ça peut toujours servir à quelque chose. ...et adhérez en masse aux associations si vous les voulez représentatives et respectées, car une association qui reste embryonnaire est un souhait sans lendemains.

Sans être stupidement nostalgique du CNREE*, aussi fondateur que disparu, il faut reconnaître qu'il témoignait pour la discipline d'une vision collective plus structurée que celle proposée par le système actuellement en vigueur et que l'ELDRIC**, également disparue, eût probablement été le creuset idéal pour mettre en œuvre ce qui est ici esquissé.

Cliquez ICI pour consulter les listes des Juges et TD FEI "disponibles sur le marché".

Attention: ce qui est dit ici ne vise personne et ne comporte strictement aucun jugement sur les compétences de qui que ce soit, bien évidemment. C'est uniquement, et une fois de plus, la mise en exergue d'un principe général fondé sur une vision de gestion collective et commune.

* Comité National des Raids d'Endurance Equestre

** Endurance and Long Distance Riding International Conference


CROTTINS  03 08 2011
IL FAUT LAISSER PÉTER LES CHEVAUX

Du pet salutaire et positif qui précède le saut de l'obstacle en CSO à celui émis à la face des vétérinaires attentifs pour ponctuer le début d'un trotting particulièrement dynamique en endurance, l'équitation contribue activement à la mise en danger de notre planète par voie de méthanisation outrancière.

Si l'on ajoute à cela les bouses de vaches, le lisier de porc, la contraction des lombrics et les gros mots, il paraît qu'on serait mal partis.

La foire aux moralistes, la kermesse des bien-pensants et des pieux acteurs de tous poils qui vont vous expliquer avec conviction ce qui est bon et ce qui est mauvais "pour la planète", en un mot ce que vous devez penser, peut alors commencer.

Tiens? Avez-vous remarqué que la couche d'ozone avec son célèbre trou a cédé la vedette à "l'indispensable" calcul du poids de CO² émis dès qu'on bouge et que le niveau des nappes phréatiques, qui mirent en transe il y a quelques années les journalistes, les préfets et quelques autres faiseurs d'opinion, n'est plus du tout à l'ordre du jour, même quand on vous parle de sécheresse? Et pendant ce temps-là, au bout du champ, les vaches pètent à l'aise et ruminent scandaleusement sans complexes.

Vous aurez aussi remarqué que cela s'adresse surtout à vous et qu'on oublie de compter les frasques d'avions militaires faisant d'absurdes pets tricolores sur les 14 juillets "républicains" ou les débiles errances kilométriques des choses qu'on mange, par exemple. Dans tous les cas, le fautif, celui qu'on pénalisera pour le bon ordre "public", c'est vous et vous seul, car il faut bien qu'il y ait une injustice.

Un laboratoire allemand a démontré que les ingrédients d'un yaourt aux fraises de base (pot compris) ont parcouru quelques 9115 km avant d'arriver sur la table de monsieur Lambda à Stuttgart et que plus ça va, plus c'est pire, ma pov'dame. Plus con tu meurs, sauf s'il est impossible de faire naître les yaourts à portée de petite cuiller.

Vous aurez remarqué qu'on vous vend du voltaïque et du panneau solaire pour vous donner bonne conscience et qu'on est très pudique sur toute la merde qu'on produit pour les fabriquer, "économie" et politique oblige.

Et on vous dira que vous devez isoler votre "maison hors normes en vigueur" pour polluer moins et que votre voiture (toute petite, trop légère) doit économiser plus encore … et vous, coquins que vous êtes, vous leur ferez le coup de "l'effet rebond" que personne n'avait vu venir comme le minitel rose. Connaissez pas l'effet rebond? C'est simple, vous isolez plus, vous chauffez plus et il fait plus chaud chez vous et c'est plus confortable. Pareil pour la voiture: vous allez rouler plus et consommer comme avant, mais vous irez plus loin au gré de vos envies moins frustrées. Notre nature a horreur du vide et le bilan énergétique n'a pas bougé d'un iota au final, mais l'économie des économistes tourne mieux.

D'ailleurs, la planète n'a pas besoin d'être sauvée. Sans nous, elle irait tout pareil. Finis les humains, finis les prurits tout au plus. On oublie trop souvent cette vérité fondamentale. C'est plutôt nous qui n'y tiendrions plus si elle nous mettait à la porte. Et puis tous les chantres de l'économie de la croissance perpétuelle et les prophètes qui calculaient la surpopulation prévue pour l'an 2000 dans les années '60, les grand-prêtres de la myxomatose et de la "gestion raisonnée" des forêts ou de la faune se sont plantés jusqu'à l'os …

Alors pourquoi serions-nous meilleurs maintenant avec notre énorme boule à voyager dans l'espace quand il s'agit des effets climatiques et des modèles de plans sur la comète, je veux dire planète, qu'on y tire à tour de bras et de boulets verts? Attention avant de "se" traverser sous l'effet de fracassantes annonces: une recette commerciale juteuse peut cacher une langue de bois et de "parler correct" en vue électorale prochaine…et vice versa dans tous les sens.

Ce n'est pas une raison de gaspiller à tout va, même si dame nature nous donne un incomparable exemple en ce domaine, même s'il parait que le bois qui brûle ne fait que rendre le CO² qu'il avait absorbé sans en rajouter aucunement.

Ce n'est pas une raison pour s'abstenir de penser et perdre le nord en suivant la foule qui marche dans le sens qu'on lui dit.

Il faut raison garder et laisser les chevaux péter sans contraintes. Si ça leur fait du bien, ça nous en fait aussi et aucune vision, si dogmatique et à la mode qu'elle puisse être, n'en pourra jamais rendre compte.


CROTTINS  21 07 2011
Y a personne ?*

Pour quelqu'un qui a vécu longtemps hors de France, ce pays offre des surprises renouvelées à chaque pas quand il s'agit de la vision de l'étranger qu'on y a et de la posture mentale qui en découle. On rencontre ici souvent une sorte d'auto-intoxication franco-française qui atteint parfois des niveaux inespérés et altère de façon certaine et profonde l'inconscient collectif.

L'extrême droite en fait à l'évidence ses choux gras.

A titre d'illustration, on aura pu voir ainsi il y a quelques années une personnalité de la profession des forains expliquer tranquillement à la presse à l'occasion de l'effondrement d'une machine à faire peur sophistiquée que cela était mal conçu et ajouter, le plus naturellement du monde, "qu'évidemment" cela a été fabriqué hors de France, comme s'il s'agissait là d'une explication en soi et d'une évidence partageable.

Et cette énormité passera telle que dans la presse sans commentaires aucun, sans faire de vague alors même qu'elle est absolument irrecevable, les italiens à l'origine du produit étant tout aussi compétents et capables que les français pourraient l'être.

Ici, on oublie que, pour diverses raisons, on ne fabrique plus de telles machines en France, mais on sous–entend quand même que si on savait le faire ce serait mieux fait et plus sûr! Ellipse qui ne mène à rien sinon à entretenir un sentiment de supériorité sans fondement palpable vis-à-vis du reste du monde dont la France est finalement victime.

Une étude a montré que les candidats à la présidence de la république et les présidents français qui n'ont pas eu de réel succès ou n'ont pas été élus ou réélus sont ceux qui renvoyaient aux français l'image de la véritable place de la France dans le monde et ne valorisaient pas l'inepte mythe national de la grandeur ineffable d'un pays qui serait "naturellement" un des leaders de la planète.

Ce mythe, au demeurant non partagé par le reste de la dite planète, est à l'origine d'une sorte de comportement souvent arrogant, voire prétentieux, invariablement dénigreur et en même temps paradoxalement démissionnaire à l'international.

La France vit encore avec une mentalité de supériorité coloniale diffuse vis à vis du reste du monde qui colore de nombreux comportements. Le dire choque en général, mais il faut passer outre cette réaction et se demander sérieusement si cela nous est vraiment si bénéfique et s'il ne faut pas urgemment en prendre précisément conscience … et évoluer.

Et peut-être reprendrons-nous par exemple une certaine existence au niveau de la FEI, car dire, comme il arrive qu'on l'entende, qu'elle est prise d'assaut par le "lobby" anglo-saxon, n'est pas une réponse valide et n'explique rien.
C'est tout au contraire l'aveu grincheux d'une certaine forme d'incapacité, une espèce de vision morbide du complot, une forme d'impuissance par auto-aveuglement confortable.

C'est à revoir sans délais en regardant vraiment devant sans les verres trop souvent déformants dont nombre de politiques malsains font recette.

Il faut s'ouvrir à l'international sans penser à sens unique. Il faut se dire que nous avons tout à gagner à écouter et comprendre les autres. Il faut cesser de croire par principe en une supériorité constitutive qui est un leurre nous rendant souvent ridicules, voire insupportables aux yeux des "étrangers".

Et collaborer ensemble au lieu de vouloir imposer sans concessions nous redonnera sûrement une place qui corresponde à la nôtre en FEI, où la France est le plus gros organisateur d'événements équestres internationaux avec une représentation qui y est aujourd'hui anormalement portion congrue.

*L'Afrique résonne encore de ces blancs qui, entrant dans un établissement bourré de noirs, disaient à forte voix: "y a personne?" en cherchant leur alter ego colonialiste.


CROTTINS  20 06 2011
L'énonciation est le miroir de la pensée et des intentions

Un dire ou un écrit, possède toujours une face cachée qui échappe plus ou moins à l'énonciateur. C'est une histoire de mots, un jeux d'épithètes, des bribes non voulues de conscience qui se donnent à voir et lire pour ceux qui veulent se donner la peine de comprendre le message élargi qu'on délivre.

On sait que la capacité à formuler de la FFE est souvent plus qu'improbable. Elle confond, par exemple, "rectification" et "modification" qui sont des choses différentes (d'où l'existence de deux mots spécifiques !). Le fait d'employer un mot pour un autre n'est pas sans signification: ici on fait croire qu'on améliore là où, en fait, on change, ce qui n'est pas du tout pareil. Panne culturelle ou mystification volontaire?

Le "poney/cheval" est un autre exemple significatif de ce que peuvent produire dans leurs boudoirs confinés les "zélites" locataires d'une FFE, drivée par l'imaginaire enflammé de quelques uns au nom théorique et supposé de tous.

Jusqu'au règlement 2008, la FFE voyait des "chevaux" et parmi eux, lorsqu'il y avait lieu de les distinguer, des poneys pour les catégories concernées, le poney étant jusqu'à preuve du contraire un cheval de petite taille, classé dans une catégorie particulière du fait de l'adéquation de sa taille aux besoins de l'enfant. C'était une tradition dont la raison était assise sur un bon sens commun dûment vérifié par d'ancestrales années d'usage.

A partir de 2008, on voit apparaître le terme de "poney/cheval" qui remplacera systématiquement celui bien fondé de cheval ou d'équidé. L'absence de filtre collectif fait que les divers rédacteurs ont pu se livrer à cette absurdité linguistique et logique.

On pourrait arguer du fait que ce n'est là qu'un point de forme sans aucune importance. Ce serait occulter le réel véhiculé par le vocable inventé. Ne retrouve-t-on pas là, le passé de l'actuel président de la FFE et celui de l'officiellement défunte DNEP (direction nationale de l'équitation sur poneys) alors même qu'on parle officiellement d'"unité", de "schéma fédéral" et de très belles choses communes regorgeant d'un futur radieux par ailleurs? Le passé surnage toujours comme la graisse dans les potages et c'est ainsi que les secrétaires généraux du parti ne trouvèrent d'autre logement adéquat que le Kremlin (ex-palais du tsar) et qu'on se réunit à Versailles pour les grand messes républicaines orchestrées par le souverain du moment.

Jusqu'à preuve du contraire, remplacer "cheval" par cette inepte "poney/cheval" revient à exprimer la désunion de ce qu'on affirme vouloir unir par ailleurs.

On notera au passage qu'on n'a pas opté pour "cheval/poney" mais pour l'inverse. Ce n'est certainement pas un hasard typographique, mais bien une manifestation de relent corporatiste sous-jacent au sein même de la FFE et de ses actuels tenants.

Cette appellation est à ce point inadaptée que le préambule du règlement "endurance" FFE porte l'ubuesque phrase suivante: "la mention poney/cheval inclut tout type d'équidé". C'est pas beau ça?. Il fallait oser l'écrire!

Il faudrait donc dire par exemple: "Mon poney/cheval est une mule" pour jargonner à l'unisson de ces quelques uns qui se prirent à vouloir cela. Qui s'y oserait sans peur d'un ridicule mérité?

On voit bien aussi par là où mène la démarche qui consiste à vouloir nommer le général au moyen du particulier.

Un petit groupe est beaucoup plus facilement sujet à des dérives et des influences de ce genre qu'une concertation collective et organisée ne le permettrait. C'est la raison pour laquelle, il convient de procéder à une élaboration commune avec des associations représentatives et non de faire ainsi qu'on le fait en FFEland.

Évidement, cela sous-entend qu'il existe des associations représentatives et c'est une autre paire de manche dans le contexte fonctionnel actuel quelque soit le bout par lequel on regarde (avec une FFE qui n'en a apparemment rien à battre d'un côté et des associations qui rêvent d'une légitimité qu'elles ne se donnent pas les moyens d'avoir de l'autre).


CROTTINS  11 05 2011
Faîtes vos jeux, les paris sont ouverts, allez-y, on rigole, on rigole!

De même que, dans le cadre du grand théâtre gouvernemental, vous pouvez vous faire coller par un sbire zélé, une amende pour excès de vitesse à 100 km/h sur une route à deux fois quatre voies qui était limitée à 110 et qu'un quelconque préfet a décidé de faire passer à 90, 3 jours plus tôt pour d'excellents motifs évidemment, l'état français a dû renoncer à son monopole, officiellement protecteur mais particulièrement fructueux, sur les jeux de hasard et les paris de toutes sortes sous la contrainte ou grâce à la vision libérale de l'Europe communautaire.

A l'instar d'autres fédérations sportives, la FFE vient donc de se lancer dans les paris sur le CSO et le Horseball. Pour cela, elle a fait appel à une puis deux sociétés de paris sportifs, une petite récente gérée par un seul homme et une grosse ayant pignon majoritaire sur la rue footballistique, les deux agréées officiellement  et sans compromissions par les institutions adéquates.

Et pof, voilà qui est fait! On a bien travaillé se dirent les "élites" qui y croyaient peut-être vraiment et qui, sous la poussée d'adrénaline engendrée par ce projet grandiose, avaient même oublié de consulter les heureux adhérents.

Ceci ne sera pas sans incidence sur la structure même des sports concernés.
On sait par exemple:
                 •   Que le ballon de football s'est habillé d'éléments noirs pour qu'on le voie tourner sur les petits écrans.
                 •   Que les balles de tennis sont devenues jaunes et que les cours ont quitté leurs couleurs traditionnelles afin de favoriser le contraste et la lisibilité télévisuelle.
                 •   Que la réglementation sur les faux départs dans les stades d'athlétisme a été modifiée car on ne doit pas faire attendre les téléspectateurs si on veut les garder scotchés aux écrans et soutenir les recettes publicitaires qui vont avec.
                 •   Que certains sports ont simplifié leurs règles pour "faciliter" leur médiatisation.
                 •   Etc.

On sait donc qu'il y a interaction entre médiatisation et sport.
On sait moins, car on est "tout neufs" dans le domaine des paris libéralisés, que les sports doivent dans une relative mesure s'adapter à leur nouvelle "orientation".

La FFE vient par exemple d'élaborer un "cahier des charges" qui formate les concours de CSO à paris sur 20 minutes, avec des épreuves de 10 cavaliers, etc.
En prime, le circuit du "Grand National" a trouvé un nouveau "partenaire" avec
equiwell.com qui se charge de "l'animation en faveur du public "avec "cadeaux, informations et plein de surprises!".

Ne s'engage-t-on pas là dans une sorte de mix qui tient du Sport et de la Foire du Trône? Tirages au sort sur questions idiotes, barbe à papa, ballons roses, esquimaux, chocolats, publicité envahissante, chiens tenus en laisse et poussettes d'enfants dans les graviers, quel beau dimanche n'est-ce pas?, etc.

Sans contrôle, la chose peut rapidement dériver et si l'argent arrive par là, puisque c'est un des buts du jeu nécessairement, à qui profitera-t-il vraiment? Les clubs et les organisateurs qui sont la cheville ouvrière du système y trouveront-ils les ressources qui leur manquent cruellement?

Autant de questions sur lesquelles la FFE aurait intérêt à communiquer complètement, vraiment, efficacement, rapidement et sans langue de bois ou auto célébration façon REF avant qu'il ne soit trop tard.

Et pourquoi pas l'endurance de paris sous l'égide … du PMU, beaucoup plus expérimenté et spécialisé que la FFE dans le domaine, avec retour financier sur l'élevage et l'organisation?

Elle est pas bonne l'idée?


CROTTINS  20 04 2011
SI T'AS UBU, T'AS PU SOIF

La saison a vraiment recommencé et on va tous se mettre à sillonner les routes, si ce n'est déjà fait, alors écoutez bien ceci et ouvrez grand les yeux pour ne pas vous perdre en France, car dans ce pays:

Pourquoi s'étonner finalement quand les "zozotorités" ont même réussi le tour de force qui consistait à arrêter les radiations délétères de Tchernobyl au moyen d'un pointillé sur une carte?

Bonne saison à tous et soyez prudents. Mettez un foulard (mais pas sur le visage oulala! sur le cou seulement, malheureux que vous êtes, et n'en profitez pas pour montrer votre cul, c'est également interdit) et mouchez votre nez si la température descend. Pensez à mettre une casquette s'il y a du soleil et si l'administration déclare qu'il y a canicule, buvez bien, mettez-vous à l'ombre, marchez lentement, recherchez les courants d'air, agitez un éventail à l'effigie de qui vous voudrez et suivez bien les conseils du préfet local qui vous épongera tendrement le front avec des circulaires auxquelles il ne croit probablement pas lui-même et peut-être viendra-t-il, si vous êtes bien sages et très obéissants, vous border ce soir avec tout son aréopage de parapluies administratifs.

Vous avez dit UBU ?          Non?          Ah bon!          J'avais cru pourtant … ... ...


CROTTINS  19 03 2011
POUR UN ORGANISME DE RÉGULATION DES CEI

Selon les données publiées, l'endurance est la discipline FEI qui a cru le plus rapidement sur les 10 dernières années. Partant de 63 concours internationaux en 1999, on en est arrivé à 708 en 2009. C'est beau, c'est grand, c'est colossal, et, au passage, d'ailleurs, toujours aussi peu médiatisé en général.

Les épreuves deviennent tellement nombreuses en Europe, et tout particulièrement en France, que les dates s'entrechoquent désormais assez souvent. La FEI a même instauré un système soulignant les "clashes" entre épreuves dans son calendrier de façon à alerter les organisateurs et les compétiteurs des superpositions par groupes, mais ça ne résout rien à la base.

En France, le calendrier est plus que fourni et l'espérance déjà ancienne de P. Cazes de voir "le marché s'autoréguler" ne s'est pas réalisée. Le système actuel qui permet, dans la pratique, de faire soudain apparaître un CEI** ou *** tel un champignon venu de nulle part, pour convenance personnelle en quelque sorte et sans grand égard pour les autres organisateurs transformés à cette occasion en concurrents, ne va pas dans le sens de l'intérêt de la collectivité endurance.

Ce n'est pas parce que cela est possible et a été fait que cela doit pouvoir continuer à se faire. Ce n'est pas parce qu'organiser est un acte volontaire et généreux que cela doit pouvoir se faire sans règles collectives véritables.

Par ailleurs, il est certain que le nombre des CEI, s'il est pratique pour les concurrents en mettant plus d'épreuves près de chez eux, n'est pas propice à l'existence ou l'apparition d'événements pouvant sortir la discipline du silence anonyme qui est toujours le sien car il fragmente "la clientèle" et par là diminue les recettes avec, par voie de conséquences, les capacités d'organisation, la visibilité, etc.. Une fois de plus, la quantité obère la qualité si l'on n'y prend garde..

On entend alors toutes sortes de discours à caractère alarmistes ou défaitistes où l'on affirme qu'il faut réduire les coûts, etc. et ceux-là mêmes qui tiennent ces discours vont ce faisant allègrement à rebours de l'histoire car ils poussent à minorer la qualité des prestations, l'emploi de technologies avancées, etc. comme si c'était là une réponse au problème rencontré.


C'est à l'évidence en amont qu'il y a lieu de chercher la réponse. Il faut absolument comprendre qu'il n'est de l'intérêt de personne de multiplier les concours internationaux pour se "faire plaisir" et que cela va à l'encontre de la nécessité d'évolution et d'image de la discipline.

Ne faudrait-il pas aujourd'hui un véritable organisme de régulation capable d'imposer un nombre et une répartition intelligents des CEI non seulement en fonction du territoire national et européen, mais encore en en fixant les dates de manière aussi rationnelle que possible? Less is more et il faut avoir une vision plus globale pour une gestion meilleure.

On pourrait imaginer qu'alors, au lieu de laisser se développer l'individualisme de fait qu'on voit à présent, on mette par exemple en concours les dates et natures des CEI en fonction d'une vision collective du temps et de l'espace qui ne peut qu'être profitable à tous, organisateur, compétiteurs, etc.

On devrait alors pouvoir augmenter le nombre de participants par concours, nombre qui s'est, par exemple, en France, divisé par deux en quelques années. On favoriserait par là de meilleures organisations, mieux entourées, mieux équipées, probablement aussi plus remarquées parce que plus visibles. Comment imaginer que la puissance publique ou d'éventuels sponsors puissent être attirés par 25 ou 30 concurrents en décousant sur 120 kms dans un décor fait de rubalises détendues et de tables moribondes échappées de la cantine voisine, le tout s'étant donné rendez-vous dans coin reculé de paysage généreusement prêté entre deux récoltes par quelque paysan aimable et où on ne dérange personne pas plus qu'on n'y est vu, avec beaucoup de confusion, quelques mètres cubes d'eau et une remise des prix en présence du 25ème adjoint, le seul qui n'ait pu s'échapper à temps pour éviter le pinsum?

Peut-être est-ce le moment d'en prendre conscience et de tirer des leçons pour se donner les moyens de gérer efficacement et collectivement l'avenir et en le faisant de manière effectivement responsable pour la discipline?
Peut-être est-ce le moment d'agir en ayant pour objectif de redresser ce qui apparaît de plus en plus comme un effet pervers du succès?


On peut se demander à ce propos ce que devient cette improbable EEF (European Equestrian Federation) dont ce pourrait être une des missions s'il ne s'agit pas d'un mythe aussi vite disparu qu'apparu?


CROTTINS  23 02 2011
BRUIT  ROSE ET CASTING DES JURYS INTERNATIONAUX

          Le bruit rose est un phénomène incontournable produit par de multiples causes révélant l'existence de la vie et des phénomènes naturels qui nous entourent. Cela fait à ce point partie de nous, êtres humains, qu'il apparaîtrait impossible de vivre sans sa présence et son rythme propre. Une étude a, par exemple, récemment montré que plus les séquences d'un film sont en rythme avec lui, plus le succès semble au rendez-vous.
          
C'est aussi incompressible que les chevaux, les cavaliers, les pistes, les organisateurs et les jurys pour faire un concours.
          Parmi les briques essentielles composant l'édifice, les jurys internationaux ont une vie propre que les compétiteurs méconnaissent plus ou moins nécessairement, car elle se déroule finalement loin d'eux.
          Dans les jurys internationaux, tout commence par des retrouvailles, des amitiés transfrontalières, des découvertes nouvelles et, comme dans les orchestres symphoniques, c'est un lieu privilégié du croisement des langues, sans quoi il n'y aurait ni communication, ni partage des idées, discussions réglementaires de fond, échange d'expériences et, pourquoi ne pas le dire, moments de franche rigolade dans l'attente du retour des concurrents. C'est dans l'équilibre des jurys que se forme pour une bonne part l'atmosphère des concours, c'est dans leur bruit rose ou son absence que se distille le petit rien qui fera la route enchantée ou le chemin d'épines.
          
Une bulle se forme ainsi à chaque compétition et c'est dans la nature même des liens qui se sont plus ou moins tissés au cours du temps, des épreuves et problèmes vécus ensemble et partagés que se met en place ce quelque chose, cet indicible rien, cet équilibre magique qui donnera sa couleur propre au jury, son homogénéité ou malheureusement parfois ses désaccords. La mayonnaise prend magnifiquement ou le soufflé reste bêtement plat.
          Bref, c'est le bruit rose des jurys, le pouls de leur nature et l'évident plaisir du vivre ensemble transnational qui transmute la diversité des cultures et en fait une richesse trop souvent laissée pour compte, l'allégresse d'un monde où les nationalités sont une occasion de rire et non de s'entretuer. C'est dans cette envie joyeuse de travailler ensemble que l'homogénéité, l'équité et la sérénité des jugements prennent en grande partie naissance.
          Même s'il n'en a pas toujours conscience, l'organisateur est le chef cuisinier qui équilibre la recette et son action au moment de la composition du jury est absolument décisive. Les manques d'harmonie, les tensions éventuelles voire les dissensions marquées peuvent aller jusqu'à "pourrir" une journée de même qu'à l'inverse, l'harmonie des membres et la tranquillité résultante peuvent faire miracle. C'est un phénomène interne qui se répercute sur l'ensemble du concours, il suffit d'en vivre quelques uns pour le savoir et le sentir.
          Sur le plan du principe, il est donc très important d'essayer de répartir les nationalités au lieu de se contenter du minimum réglementaire d'étrangers quand on peut. L'expérience montre en effet que l'internationalisme renouvelé des jurys est une richesse humaine en soi qui étouffe les possibles dérives, "petites licences nationales" et "gentilles" scléroses locales. L'internationalisme vrai des jurys est un gage d'équité par croisement des points de vue. L'absence de mandat "à vie" est un gage de non sclérose aussi.
           La langue y tient un rôle essentiel et celui qui ne parle pas l'anglais n'y trouve généralement pas son compte. S'il est monolingue, l'espagnol ou l'italien dans le nord de l'Europe, le français ou le belge au Moyen Orient, le polonais ou l'allemand en Amérique Latine ne peut qu'être exilé dans un jury dont il ne comprend pas les autres membres. Ne pouvant participer il en devient un poids pour le groupe dont il est coupé. Le jury en est affaibli d'autant et lui se sent mal à l'aise. Il est le résultat d'une erreur de casting.
          
Un jury de gens heureux qui collaborent avec plaisir et se comprennent est un petit quelque chose d'insignifiant, un détail de rien, une broutille accessoire ayant au final une importance extrême.
          On sait aussi que la voix de celui qui chante faux se met d'elle-même à l'unisson d'une chorale qui chante bien et, par là, les nouveaux apprennent également.


CROTTINS  03 02 2011
DU BON USAGE DE LA TRANSPARENCE LORSQU'IL EST QUESTION D'ORGANISMES ELUS 

Niveau 1: Prenez au hazard un groupe lambda (d'un conseil municipal quelque part au comité de gestion de machin, de défense de truc ou de quelque chose d'autre) et considérez ce qu'il produit. Vous y verrez souvent - avec des exceptions aussi rares que rares - des "il a été décidé que", des "considérant que", etc. Demandez à l'un de ses membres élu s'il était d'accord ou non avec la décision prise et annoncée et vous obtiendrez, en privé, parfois et peut-être plus souvent que vous ne l'espériez, l'incroyable réponse qui consiste à vous dire qu'on ne savait pas, qu'on n'en avait jamais parlé, que "ça a été décidé sans moi", etc.

Niveau 2: Prenez au hasard une fédération sportive, une institution quelconque ou à peu près n'importe quel groupe de bipèdes organisés "démocratiquement" et vous verrez la production souvent de décisions sans origines connues basées sur des critères non publiés et dont il vous sera impossible de retrouver la genèse véritable ou la motivation fondatrice. "il a été décidé que", "il est interdit de", "Dutruc est remplacé par Duchose à compter du 12 Nivose", "il est interdit de mendier dans la rue (et probablement aussi d'y avoir froid)", "pour raison de sécurité, il est interdit de ...", etc.

C'est ce que les Britanniques appellent le "Royal We". 
Le "Royal We", c'est cette capacité à produire dans la plus parfaite opacité, mais sous couvert de transparence officielle et démocratique bien sûr, des OVNI décisionnels censés gérer avec efficacité le présent et l'avenir réunis, la plupart du temps avec de beaux atours propres, aptes à vous démontrer que c'est pour votre bien, et, surtout, en vous faisant croire, par médias interposés à partir d'un certain niveau, que c'est le résultat sophistiqué d'un processus, issu de la sacro-sainte volonté populaire implicitement formulée par "ses" représentants élus.

Quand on "monte" dans la pyramide de nos sociétés "démocratiques" et qu'on se perche au niveaux des gouvernements, on découvre une sophistication supérieure, bien entendu. Et, là en ce lieu à la place apparemment si bonne, il arrive même quand on se sent "encombré" qu'on ait recours à une boîte à ordure spéciale avec clefs à portée de mains, baptisée "secret militaire" ou "secret défense" selon les lieux et les époques, histoire de crédibiliser la chose croit-on. On y cache, sans contrôle et en toute impunité, turpitudes et malversations "d'arrière plan" gênantes. C'est facile et sûr quand qu'on possède les clefs de la poubelle.

Le gout immodéré du secret plombe nos sociétés "démocratiques" car il génère le doute qui dégénère en suspicion même là où on est propre. Il nous faudrait de nombreux Wikileaks pour en assainir l'usage. Amusez-vous donc (bien que ce soit plutôt sinistre) à dresser la liste des décisions démocratiquement inexpliquées, voire démocratiquement inexplicables ou même démocratiquement inacceptables, qui vous entourent et vous contraignent "pour votre bien" évidemment et vous serez effarés par le nombre et l'importance des pitreries qu'on vous fait faire (sous couvert de sécurité, d'administration, de règlements divers pensés dans l'ombre, etc.) du quotidien à l'exceptionnel.

L'opacité décisionnelle est la petite vérole de la démocratie.


CROTTINS  18 01 2011
2 JOURS A 120 AU PIED DU FUTUR

Les 4èmes Journées de l'Endurance - et 1ères fédérales, saluons le fait - ont vécu le week-end dernier dans un hotel ad hoc au pied ou dans le Fututoscope de Poitiers.(difficile d'en localiser les contours quand on est sur place et pas du cru).

Il n'y avait certes qu'environ 120 personnes, ce qui est peu sur le nombre incertain des acteurs de l'endurance en France. On peut sans peine imaginer qu'il aurait pu y avoir plus de participants si la FFE en avait vraiment fait la promotion en première page de son site au lieu de coller l'info dans un coin de son ineffable ref (par exemple, à côté de la désopilante photo de son président hilare qui tient la une depuis bientôt 3 semaines), en gros là où on met ce qu'on veut qu'on voit bien clair et qu'on sache bien fort sans risque de passer à côté.
Heureusement qu'il n'y avait pas plus de monde car il eut été probablement difficile de faire tenir 500 personnes dans l'établissement choisi, au demeurant confortable. Il faut aussi reconnaître et dire que c'était très bien organisé.

Bref, ces deux journées se sont déroulées dans le sérieux et la bonne humeur et on n'y a pas vu les frictions entre fédération et enduranciens qui marquèrent les journées du pont du Gard ou l'esprit de fronde qui parait avoir inondé celles de l'année dernière. Ce fut "cool", ce fut studieux et bon enfant. Globalement, ce fut une réussite et un lieu d'échanges "off" intéressant au point qu'on se dit en partant que ces journées sont maintenant un incontournable moment même si c'est un peu comme toutes les grand messes du genre, une chose bizarre qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick, mais qui possède l'indéniable qualité de permettre de se parler amplement.

Le fait le plus marquant de ces deux jours tient peut-être dans la présence officielle des 3 associations liées à l'endurance (AFVE, ADOCEE et ACCAPE) qui y ont tenu leurs assises. Ce simple événement, qui parait tomber sous le sens, est pourtant d'une importance capitale car c'était en effet la première fois que ce type de réunion se tenait sous l'aile officielle de la FFE. Ceci ne constitue-t-il pas per se l'affirmation non dite de reconnaissance de leur existence? Est-ce pour autant la fin d'une espèce de clandestinité de fait et le signe d'une vraie reconnaissance officielle à venir? L'avenir le dira, mais prenons-le déjà comme un signe positif de changement possible et espérons qu'on saura reconnaître leur parole comme un élément déterminant. L'avenir dira s'il s'agissait seulement d'un enduit décoratif de façade ou plutôt d'un début d'amorce de renaissance faisant oublier les grands pets autoritaires des "réformes" de 2008. Ceci bien sûr est un raisonnement qui tient la route si les dites associations sont capables de construire par elles-mêmes et effectivement des projets économiques et politiques cohérents, ce qui ne semble pas encore être le cas.

Il manquait néanmoins à ces journées au moins deux composantes de poids pour qu'elles soient complètes: les éleveurs de chevaux d'endurance et les juges. Leur présence eut été précieuse et l'on aurait pu alors parler de journées de l'endurance sans avoir à regretter l'absence de ces deux catégories d'acteurs sans qui rien ne saurait exister dans notre discipline.

Il manquait aussi l'essentielle dimension internationale pour nous rappeler que nous ne sommes pas seuls sur cette planète (heureusement il y avait notre ami Urs dans la salle) et que s'il est difficile de devenir les meilleurs en toute activité humaine, il est encore plus dur de le rester.


CROTTINS  29 12 2010
VOEUX, FUTUR ET SOUHAITS D'OPERETTE

Nous y revoici. Comme chaque année, le rituel des voeux va se dérouler et on n'y croira pas vraiment..
Pendant 15 jours, avec prolongation encore polie sur la fin du mois de janvier, on ne rencontrera personne sans échanger des "Bonne Année, Bonne Santé" pour l'année nouvelle. Ca ne coûte rien et puis ça prend seulement quelques secondes, voire une minute pour les plus prolixes, les plus poètes, et ça ne sera usé qu'à la fin du mois de décembre suivant.  Où trouver action ayant meilleur rendement?
 
Les politiques se croiront tous obligés de se fendre de quelque discours creux où nageront 2 idées, peut-être 3, car il faut se mettre à la portée des gens se dit-on. On y devinera nettement l'envie première d'être l'élu de la future échéance, car on ne parle plus en ce pays à des citoyens, mais à des électeurs, voire seulement des consommateurs comme si cela suffisait à s'assurer un avenir.

Les divers responsables feront des bilans et pointeront des objectifs radieux pour l'année qui s'annonce ou commence, posant souvent en nouveauté les accents usés de leurs voeux des 10 dernières années.

Dans les revues douteuses que sont les diverses 'pravdas" institutionnelles, où les présidents de toutes sortes et de tous niveaux ont une furieuse tendance à s'auto célébrer, photos désopilantes à l'appui, on dira de belles choses vides et on surfera sur la mythologie bien rôdée qu'on pense apte à susciter l'adhésion des foules dociles à l'humeur fêtarde..

On s'efforcera de partout de faire pétiller pour quelques instants le réel collectif  en faisant croire qu'on a les rênes bien en mains au lieu de tout juste montrer qu'il y a de la joie partout si on veut bien regarder du bon côté privé des choses et qu'il n'est en la circonstance probablement pas nécessaire d'aller au-delà car ce n'est ni le moment, ni le lieu.

Bref, on va faire dans les bulles et chacun sait par expérience qu'il s'agit d'objets creux et terriblement éphémères.

On aura même droit, fin du fin technologique, à des voeux automatiques par mail ou sms. Plus besoin de s'en soucier. C'est comme les souhaits d'anniversaire que vous envoie par exemple la FFE, c'est à dire personne même si c'est mécaniquement signé de son président, car c'est seulement le résultat actif de lignes de programme informatique. Ce n'est plus que la surface des choses, une dérive formelle, un signe de décadence, l'ultime trace d'un rituel peut-être.

A Rome, on se débarrassait des vieux objets au soir du 31 décembre pour symboliser la fin de l'année. On nettoyait en quelque sorte le passé pour préparer l'avenir. On ne jetait pas n'importe quoi, bien sûr, on triait. Que voilà une belle coutume à étendre au tenants de tous les pouvoirs pour y faire un tri responsable permettant d'imaginer et de croire vraiment à une année nouvelle.
Ne vaut-il pas mieux préparer la nouvelle année ainsi au lieu de la souhaiter seulement sans réparer d'abord celle qui se termine?

Alors, ici, on va s'efforcer de ne prononcer aucun voeu, de ne faire aucune projection étincelante sur un réel mythifié pour faire plaisir. On ne dira rien, de rien, sinon juste ceci: Bonne Année 2011 à tous et puissions-nous savoir apprendre à nous débarrasser  de ceux qui promettaient et n'ont rien tenu de ce qu'ils disaient pour qu'on vienne à eux.


CROTTINS  25 10 2010
AINSI VA LE MONDE ... ET C'EST BIEN AINSI

La réélection triomphale au premier tour de la Princesse Haya pour un 2ème mandat à la tête de la FEI marque la continuité du tournant pris par sa première élection: la perte du pouvoir "traditionnel" et quasi sans partage de l'Europe depuis la création de la FEI en 1921 au profit du reste de la planète équestre. Elle est mi-arabe par son père et mi-américaine par sa mère, ce qui en fait quelqu'un d'idéalement apte à comprendre au moins ces deux mondes et lui donne une capacité culturelle naturelle à l'ouverture..

Elle avait comme opposants deux européens qui ont fait chacun un score particulièrement faible (23 votes pour l'un et 11 pour l'autre sur un nombre total de 124 votes exprimés, tandis que la présidente sortante en obtenait 90). Il est à parier que les votes de l'Europe et de l'Amérique du Nord se sont orientés sur les deux perdants, ce qui signifie que le reste de la planète a fait dominer une préférence autre.
 
Il est clair, pour qui veut bien ouvrir les yeux, que le centre du monde se déplace lentement mais inexorablement vers l'Asie d'une manière générale. Il faut en avoir conscience et en saisir l'opportunité. Ca ne se fait pas à grands coups de boutoirs avec déclarations grandiloquentes et gros titres dans la presse, ça se fait pierre par pierre, ça se tisse lentement au fil des jours et de la réalité quotidienne. Ainsi par exemple, l'accord passé il y a 2 ou 3 ans entre deux géants qui se sont toujours plus ou moins ignorés, voire méprisés ou combattus, la Chine et l'Inde, concernant l'informatique (l'Inde s'occupant du software et la Chine du hardware) a-t-il été quasiment passé sous silence par la presse d'ici, tandis que certains analystes considèrent qu'il s'agit là d'un événement majeur et de portée historique, qui fera référence en tant que date symbole du "basculement du monde" tant les conséquences économiques en seront importantes.
Quand vous voyagez sur la planète, il est palpable que la France, pour ne citer que ce pays, est pratiquement inconnue des médias et des populations "lointaines". On sait que ça existe, mais c'est loin et sans véritable importance, on n'en parle pas, ça n'a plus de présence effective.

L'Empire Romain, l'Empire Ottoman, l'Universalité Grecque, etc, sont ainsi passés de la domination de fait aux pages des livres d'histoire. Pour autant, les Italiens, les Turcs et les Grecs n'ont pas disparu, ça se saurait. C'est ensuite passé par les puissances coloniales d'Europe, c'est actuellement encore aux USA et ça continue d'évoluer et de circuler. Il est réjouissant de voir que le centre se déplace pour de nouvelles aventures et ne saurait rester figé, confit au même endroit, au profit des mêmes régions de la Terre et d'une confortable et possible sclérose. Les empires s'usent par l'usage.

L'histoire ne saurait s'arrêter et il serait absurde autant que dangereux de regarder derrière en pleurant sur les lumières qui se mettent à vaciller pour éviter de regarder devant. Si l'évolution en train d'avoir lieu pouvait nous rendre moins bêtement franchouillards, moins exclusivement européocentristes, plus ouverts, plus réalistes, plus tolérants, on aurait tout à y gagner.

Le monde équestre ne saurait échapper à cette évolution et les dernières élections de la FEI en sont le témoin et la chance. Sachons en tirer le meilleur des partis.


CROTTINS  15 11 2010
FEDERATION FRANCAISE D'EQUITATION: QUE FAUT-IL EN ATTENDRE ?

Nos sociétés fonctionnent et sont gouvernées par un principe politique récurrent de mystification identitaire. On crée, par exemple, des divisions administratives territoriales dont le but est d'ordre gestionnaire, puis le politique cherche à créer par petites ou grandes doses un sens d'adhésion et d'appartenance qui donnerait lui-même une "légitimité" à rebours aux divisions souvent arbitraires mises en oeuvre. Avec cette savante alchimie on a fait des guerres: le voisin est ton ennemi car j'en ai ainsi décidé pour des raisons qui sont miennes. Un prince est assassiné et ce malheureux fait divers familial aboutit à des millions de morts et à des populations savamment droguées à coup de notions criminogènes de patriotisme, de nationalisme, de devoir, de sacrifice collectif, de pureté ethnique ou d'identité "nationale", etc. éventuellement élevés pour le besoin de la cause au rang de notions "sacrées" avec bénédictions des hordes militaires, histoire de faire bonne mesure et conforter cet opium de peuples au service final de quelques uns, hélas trop souvent pour le non-bienfait général du plus grand nombre. Pourtant il est certain que le basque français a plus à faire avec le basque espagnol qu'avec l'habitant des Flandres qui est naturellement beaucoup plus proche de son voisin immédiat de Belgique. C'est un principe de réalité, mais on ne saurait mettre ainsi en cause une mythologie si savamment élaborée, n'est-ce pas?.
C'est ainsi que, par exemple et sur le même principe, le nouveau "gingle" du département du Lot est "très nature, très patrimoine, très Lot", comme si un département - division éminemment administrative dont les origines reposent à ce point sur des notions déconnectées du réel vécu qu'il avait même été proposé un quadrillage rectangulaire pour en fixer les limites - pouvait être ou générer une identité en soi. C'est un nouvel et récent exemple de mystification basé sur les mêmes vieilles ficelles.


Concernant les sports équestres, l'existence et la tentation d'une seule fédération les regroupant tous repose sur des fondements conceptuels de même ordre. On tente de faire penser que FFE = Equitation et Equitation, FFE. Tout concours à le faire croire dans la démarche. L'identité des sports équestres c'est la FFE. Ceci est basé sur les mêmes ressorts de "gouvernement" (ou "gouvernance" pour parler "mode") dits plus haut.
L'un des revers de cette belle et rutilante médaille qu'on agite sous le nez du chaland, c'est qu'on serait par là amenés à tout attendre de la FFE puisque la FFE, c'est l'équitation, son identité même, sa mère nourricière, presque sa raison d'être.
Penser cela serait tomber dans un piège, car le concept même n'est visiblement pas valide. Ce n'est pas, en effet, parce qu'il y a cheval qu'il y a communauté de sport. La voltige est voltige et ignore le CSO qui est CSO, qui ignore l'endurance qui est endurance, qui ignore le reining, qui est reining, etc. Les poupées ne s'emboîtent pas sinon le bouliste ferait partie de la fédération de football au même titre que les amateurs de ping-pong, tous ayant en commun de jouer avec une sphère, leur cheval en quelque sorte.

La FFE ne saurait avoir de projets pour "ses" 19 disciplines avec un seul dtn, quelques "apparatchicks" censés les représenter et bientôt la disparition au moins du sélectionneur national pour l'endurance, pour ne pas parler des autres et de la trappe qui leur est ou leur sera promise. Ne se réduit-elle pas alors de fait, au moins pour les disciplines non olympiques, à être une administration? Il ne faudrait donc attendre de la FFE qu'une gestion administrative, car elle ne peut, à l'évidence et de part ses ambitions et son fonctionnement mêmes, être autre chose que cela (fonction qu'elle fait au demeurant fort bien avec un outil informatique sans équivalent sur la planète équestre). Il faut en conclure que l'administration est la vraie vocation de la FFE et que c'est ailleurs et autrement qu'il faut chercher les racines d'un projet de discipline apte à la dynamiser.
Ne faut-il pas revenir à la source première, celle de la pensée et de l'action prenant ses racines dans les forces vives de ceux-là mêmes qui font vivre les disciplines, les acteurs que chacune possède et qui, par définition même, connaissent cela de l'intérieur? Encore faut-il qu'ils soient capables de structurer leur pensée et d'en hiérarchiser les divers aspects, ce qui n'est pas donné à tout le monde et ne se trouve pas forcément sous les pieds d'un cheval, au détour d'une balise ou d'une ambition personnelle aussi creuse qu'incapable. Encore faut-il garder clair à l'esprit qu'on ne saurait se développer en prenant le petit bout de la lorgnette pour le faire et en favorisant un repli médiocre sur une gestion quotidienne peureuse oubliant de viser loin et de porter haut, sans quoi il n'est que survie médiocre et petits budgets sans futur. Encore faut-il savoir s'organiser collectivement pour gérer l'endurance, par exemple, avec une vision "endurance" puisque cela n'existe pas à l'heure actuelle. Pour paraphraser les politiques, disons qu'il faut trouver les "voies et moyens" de l'autonomie pour le développement même des disciplines et de l'endurance en particulier, autonomie bénéficiant de la puissance de gestion administrative de la FFE et qui serait reconnue, par elle de fait, et statutairement à terme, comme principe générateur de l'action, dépositaire de l'esprit, des projets et des développements des disciplines.


Vaste programme de reconstruction générale avec une fédération vraiment fédérale en quelque sorte... et qui aurait certainement intérêt à en prendre rapidement conscience.


CROTTINS  13 10 2010
DU SABLE DANS LES JOUETS

Une bonne nouvelle: les Jeux Equestres Mondiaux se sont exportés hors d'Europe pour la première fois, de même que pour la première fois un championnat du monde d'endurance senior s'est tenu dans l'hémisphère sud en 2008, faisant en cela suite au Championnat du Monde Jeunes Sud Américain. Bonne nouvelle pour l'équité. Bonne nouvelle pour les idéaux fondateurs de la FEI.
Pour une première de ces jeux aux USA, on s'attendait par réflexe à une organisation "top" d'autant plus que le battage médiatique avait été fort (en tout cas localement) et que les USA sont encore une sorte de référence de qualité par principe du style "quand ils s'y mettent, attention les yeux".
Il semble bien finalement que "le plus grand événement équestre de l'histoire des USA" comme ils l'annonçaient, ait été plus ou moins bancal et en tout cas pas vraiment à la hauteur des espérances. Une endurance en hors d'oeuvre, campant loin là-bas dans un site sans gradins dont il semble bien que les tentes des Emirats étaient les seuls éléments ayant du panache, un dit "chronométrage" en panne au premier vet quand il y a le plus de monde avec des erreurs récupérées à la hussarde par les victimes, un suivi GPS non adapté à la durée de l'épreuve et permettant des "trafics" (enlèvement ou retournement de batterie pour disparaître volontairement des écrans), des erreurs importantes de chronométrage sur le cross du complet, des écrans noirs, des lenteurs, des erreurs durant les 3 trois premiers jours de la voltige, une Présidente de la FEI contrainte de déplacer elle-même des plantes en pot pour faire de la place au jury lors de la remise des prix des individuels du CSO et se tenant hors du tapis rouge faute de place, des podiums où le bronze tout en bas du podium a le nez collé au dos de l'or au moment des flon-flons latéraux, des manques de rythme et des vides récurrents, etc. Tout cela a un goût bizarre d'impréparation relative aussi surprenant que dérangeant.
PUTAIN DE FEDE
Des voitures interdites sur le site et une FFE qui refuse de louer des "golfettes" pour ses athlètes d'endurance (les autres on ne sait pas), pourtant seul moyen de se déplacer sans y mettre deux heures (gageons que Paillot et ses "frères" en avaient au moins une), qui renonce, pour d'imbéciles susceptibilités de quelque locataire du pouvoir au mépris le plus total de la finalité recherchée, à une aide franco-française au chronométrage pour parer aux erreurs et lenteurs prévisibles du système officiel en endurance, qui "communique" à partir du CSO seulement, qui se contente de mentionner dans un coin les résultats d'endurance, qui invente le "top 26" sans peur du ridicule dans la communication sur les individuels en CSO parce que le dernier cavalier français est 26ème (!!), des "huiles" fédérales qui se déplacent, mais qu'on n'arrive pas à distinguer lors de l'endurance et une clôture enfin avec langue Dubois assaisonnée d'un cocorico édenté de circonstance, et qui ne trompe même pas ceux qui s'en servent, où on essaie de rassembler tout le monde en photographie de famille d'après coup. Là aussi un goût étrange qui reste collé au niveau des idées. Mais, heureusement, les athlètes ont une vie par eux-mêmes et se parlent entre eux... La "fédé", on l'aime bien mais pas comme ça et certainement pas dans sa coupable incompétence en matière de communication.

PLACE A ARGENTAN -
On formule à cette occasion au moins deux souhaits:
             1. que les Jeux y soient superbement organisés et gérés avec équité, rythme et homogénéité entre disciplines car la grandiloquence, le battage commercial et la pub n'ont jamais été des substitut à une qualité  défaillante.
             2. que les responsables de la FFE d'alors aient rompu avec les politiques de communication discriminatoires de fait de leurs prédecesseurs et mettent en valeur toutes "leurs" disciplines avec équité et probité au seul titre qu'il n'y en a pas de meilleure ou de plus mauvaise que d'autres et que cette fédération a pour raison et pour profession de les rassembler et aimer toutes EGALEMENT, si possible sans les étouffer.


CROTTINS  04 10 2010
POURQUOI TANT DE HAINE?

Il n'y a pas de doutes l'endurance est définitivement sous-médiatisée. On dirait même, vu de loin et, hélas aussi de près, qu'on ne veut pas d'elle ou qu'elle dérange quelque part. Il suffit de voir la ferveur avec laquelle tant la FFE que la FEI ou l'Organisateur lui-même ont soigneusement évité d'en parler, de filmer, de photographier, de mentionner même ou de mettre en valeur cette discipline placée en hors d'oeuvre des Jeux Equestres Mondiaux, et presque à deux doigts d'être hors site à ce qu'on en a pu voir et savoir.

Pour ce qui est de la FFE, il est carrément scandaleux de constater que la seule discipline équestre française à avoir fait un podium à cette mi-temps des Jeux, est reléguée derrière les rideaux peints pour l'occasion aux couleurs du CCI (aïe) et du CSO (à suivre). Pourtant la pêche aux médailles semble être un sport très prisé. La médaille d'argent par équipe, la 4ème place en individuel, le fait d'avoir 4 cavaliers FFE dans les 11 premiers, 8 chevaux d'élevages français dans les 12 premiers et d'avoir "rentré" tout le monde en plus d'avoir obtenu la Best Condition, tout cela ne mérite visiblement pas qu'on communique vraiment dessus pour les actuels locataires du pouvoir fédéral.
Pour ce qui est de la FEI, on cherche quasi en vain des photos de l'endurance dans le fond mis à disposition de la presse et FEI TV n'avait strictement rien programmé.

Equidia avait prévu un "résumé" de l'épreuve d'endurance, une semaine après l'événement. On ne peut pas dire que ça avait été fait dans l'urgence, mais c'était quand même enfin quelque chose. Ca s'est résumé globalement à une interview en studio de Jean-Louis Leclerc après la fin du complet, entre dimanche et lundi à une heure où même les plus vaillants appuient sur le bouton off. Le fait qu'il ait été brillant, jouant avec subtilité sur un registre fait de simplicité, de prise de conscience positive et de diplomatie sans langue de bois n'a pas pu faire oublier l'indigente absence d'images. La chaîne de télévision Equidia avait, pour l'occasion, fait le tour de force de réinventer la radio, mais on a découvert un grand communicant sachant transmettre l'enthousiasme, un valeureux ambassadeur de la discipline qu'on ne voudrait pas voir s'en aller ailleurs.

Et après le 31 décembre, quand le sélectionneur national aura été "délicatement" confirmé dans sa "fin" de contrat, quid du futur de la plus médaillée des disciplines FFE au de la dite FFE?


CROTTINS  23 09 2010
HISTOIRES DE PRIORITES

En principe, c'est parti dans quelques heures avec le contrôle initial, première étape du stress initiant le véritable challenge du championnat du monde d'endurance dans le cadre des WEG de Lexington.
Et si vous cherchez bien dans un petit coin, selon le cheminement tortueux et passablement instable des menus du site officiel, vous trouverez une page RESULTS soudainement apparue (voir plus bas dans le cadre "Lexington News").
Elle n'était pas dans la structure du site officiel et vient d'être ajoutée. C'est certes là une initiative intelligente, même si c'est comme caché derrière la quincaille commerciale (mais peut-on en vouloir sur le fond à des gens qui fonctionnent en raisonnant business avant tout?).

Même si les organisateurs américains en ont fait leur premier propos avec seulement en toile de fond le sport, le vrai, ils n'ont pas forcément tort de s'occuper de faire de l'argent à l'occasion des WEG. On peut même se dire, en transposant ce qui est transposable, que si on s'occupait plus ici même d'en chercher et produire plus efficacement, on éviterait les discours baissant les bras et défaitistes de certains de nos organisateurs qui, ce faisant, vont à rebours de l'histoire en cherchant à se ratatiner et en tirant par là même la discipline par le bas.

Sport et business ne sont pas incompatibles, à condition de savoir et vouloir doser car cela devient vite sulfureux. Chacun sait par ailleurs que si l'endurance passionne ceux qui la pratiquent, il n'y a aucune raison pour que ceux qui n'en font pas n'y trouvent quelque motif d'intérêt, voire de passion, si on faisait l'effort véritable de construire des plans communication aptes à drainer du public avec un peu de vision business. Reconnaissance et prospérité pour un sport confidentiel, quasi renié des médias ne serait pas chose superflue. On ne peut hélas guère compter pour cela sur une FFE qui regarde systématiquement ailleurs, côté CSO par exemple...


CROTTINS  23 09 2010
CONTRE PERFORMANCES OU ERREUR D'OBJECTIF A J-1?

Il reste 1 jour pour que soient inaugurés les Jeux Equestres Mondiaux de Lexington aux USA (World Equestrain Games) ... A voir le site officiel de l'organisateur, on pourrait pourtant penser si ce n'était le compteur à rebours que ce n'est pas demain mais dans un an que cela aura lieu.
Il est en effet impossible de trouver sur ce site, réputé officiel et pour cause, la moindre information concernant les engagements définitifs (et pas seulement de la discipline endurance), la moindre indication concernant une éventuelle mise en ligne des résultats et encore moins l'existence d'un suivi GPS même quelconque.

Par contre, si vous souhaitez acheter des billets, des casquettes, des Tshirts, connaître les horaires, voir ou participer à des shows périphériques ou visiter le Kentucky, pas de problèmes, tous les liens y sont.
Souhaitez-vous quelques nouvelles? Vous saurez tout sur l'Agribusiness Bank, le "must-see" du jour, le Cowboy Man, le Cincinnati Reds Baseball Team ou le don de billets à des militaires  "héros" de quelque guerre idiote et criminelle ... Rien ne vous échappera, tout y est.
Mais pour ce qui est du sport proprement-dit, hormis de vieilles photos et des nouvelles rances, black out total et apparemment définitif.

Le présent webmaster a même écrit à l'organisateur qu'il connaît afin qu'il lui indique amicalement où on pourrait trouver des informations efficaces et vraiment utiles. Il attend toujours.
La FEI est quant à elle absente. Elle se contente de mettre un lien ... vers le site officiel de l'organisateur. La boucle est bouclée.

On voudrait ne pas communiquer, on fera exactement comme cela. Scandale déjà, avant même de commencer ou "simple" emprise débordante du commercial dans un monde que le sport n'intéresse finalement pas vraiment?


CROTTINS  06 09 2010
L'HABIT FAIT-IL LE MOINE?

Molière faisait dire à Tartuffe: "couvrez ce sein que je ne saurais voir", mais il est évident que son personnage regardait en même temps entre ses doigts avec la concupiscence que l'imminence de la réalisation même du souhait exprimé publiquement rendait plus intense.
Contradiction entre les faits et les gestes...
Souhaits exprimés à rebours...
Envie de paraître ce qu'on n'est pas vraiment...


L'endurance devrait-elle se faire dressage et porter haut de forme?
Devrait-elle mimer le monde du CSO et s'habiller de bulles et de dîners aux chandelles?

Devrait-elle se fondre dans le moule formel des disciplines olympiques au prétexte qu'elles étaient là avant ?
Devrait-elle, mimant ces augustes disciplines, s'habiller à la mode non du siècle passé, mais de celui d'avant encore, comme elles le font toujours envers et contre tout parce qu'elles s'y sentent bien ?
L'endurance équestre, venant d'ailleurs et autrement, doit-elle néanmoins adopter une mode qui ne l'identifie pas et se déguiser avec, histoire de faire "propre sur soi" et de donner par convention et conformisme "une bonne image" qui ne serait pourtant pas la sienne?
Venant d'ailleurs et possédant la forte identité que personne ne lui conteste ne devrait-elle pas se distinguer par le vêtement même?

Au titre de quel ordre, de quelle convenance ou de quelle ambition, le monde équestre devrait-il gommer ses multiples identités au profit d'un moule terne et uniforme?
Bref, l'habit ne fait pas le moine et il convient que nous pensions un peu à ce que nous aimerions porter plutôt que de mimer ce que d'autres font par tradition différente, même si l'actuel règlement FEI, faute d'imagination probablement, est en train de peu à peu vouloir faire prendre pour norme.


CROTTINS  24 08 2010
CASQUETTES, FEI & JEUX DE RÔLE

Peut-on avoir plusieurs casquettes en même temps?
Peut-on être à la fois celui qui fait et celui qui contrôle?
Peut-on cumuler les fonctions sans perdre en crédibilité et se rendre non respectable?
Autant de questions de bon sens et de probité qu'on est en droit de se poser au vu de l'évolution sur certaines compétitions internationales.


N'y a-t-il rien à dire lorsqu'un organisateur s'auto-désigne délégué technique sur son épreuve ou lorsqu'il se nomme président du jury, mélangeant ainsi des fonctions contradictoires?
Peut-on être à la fois juge et partie?
N'y a-t-il rien à dire lorsqu'un juge passe sa journée penché sur un clavier cumulant ainsi deux fonctions incompatibles?
Peut-on sans conséquences être ici et là en même temps?
N'y a-t-il rien à dire lorsqu'un délégué technique se trouve être précisément celui-là même qui sera destinataire de son propre rapport et s'est auto approuvé?
Peut-on être à la fois le superviseur et le supervisé sans risquer de déraper ou de semer le doute?

N'y a-t-il rien à dire lorsque la FEI signe, approuve, valide et officialise ce type de dérives dans un laisser faire désastreux pour le fonctionnement autant que pour l'image de notre discipline?

OUI, nous avons besoin de rigueur. OUI, nous avons besoin de jurys formés et qualifiés sérieusement et pas de marionnettes. OUI, la FEI doit balayer devant sa porte et mettre un terme au cumul simultané des fonctions qui est une intolérable complaisance et la porte ouverte aux dérives.
OUI
, on peut légitimement avoir plusieurs casquettes, mais on ne doit en mettre qu'une seule à chaque concours par honnêteté intellectuelle, probité élémentaire, crédibilité essentielle et respectabilité évidemment. Et quand on supervise et gère une discipline, ne devrait-on pas de soi-même s'abstenir de faire partie de jurys parce que c'est incompatible, tout simplement?

Faute de cela, n'ouvre-t-on pas la porte au copinage, aux promotions de complaisance, aux passe-droits, au népotisme même et aux faux-semblants de toutes sortes qui mènent tout droit à la ruine et à d'indignes futurs? La rigueur est-elle acceptable sans rigueur?